[Chantier de la Perle] Guillaume Tourrette, chef de projet Perle

Naval Group

02/06/2021 | 1010 mots | ENERGIE RECRUTE | NUCLÉAIRE
[Chantier de la Perle] Guillaume Tourrette, chef de projet Perle © Naval Group. Guillaume Tourette

Depuis son arrivée il y a dix ans sur le site Naval Group de Cherbourg, ce passionné de sous-marins a collaboré à de nombreux programmes pour la France et l'export et développé une vision d'ensemble sur leur processus de fabrication. Missionné dès le mois de juin 2020 sur le projet de réparation de du sous-marin nucléaire d’attaque (SNA) Perle, il est fier de participer à ce chantier exceptionnel et complexe, qui démontre l'étendue des compétences et la complémentarité des expertises cherbourgeoises et toulonnaises.

Quel est votre rôle sur le programme Perle ?

Guillaume Tourrette : Juste après l'incendie de la Perle, j'ai été nommé représentant du site de Cherbourg pour participer à l'analyse de faisabilité de sa réparation, notamment sur le plan de l'industrialisation de la solution. Cinq options ont été analysées par les équipes, dont celle de l'hybridation, qui a finalement été retenue.

Pour évaluer le coût et le délai de ces différentes options, je me suis appuyé sur mes expériences antérieures en industrialisation amont, en fabrication coque à l’atelier Legris et en intégration au chantier Laubeuf, ainsi que sur ma participation à l'indisponibilité pour entretien et réparation (IPER)-adaptation M51 du sous-marin nucléaire lanceurs d'engins (SNLE) Le Triomphant, pour laquelle j'ai travaillé pendant huit mois à Brest avec les équipes de la direction Services.

Au lancement des opérations de réparation de la Perle, en octobre 2020, j'ai été nommé chef de projet pour les travaux à réaliser sur le dispositif de mise à l'eau (DME) du site de Cherbourg et j'ai constitué une équipe pour préparer le projet (élaborer le planning, organiser le chantier, lancer les approvisionnements et les prestations...) jusqu'en décembre.

Mon rôle est de piloter l’activité et de coordonner les différents acteurs pour assurer la tenue des objectifs de performance en matière de coût, de qualité et de délais.

La réalisation concrète du projet a démarré le 7 janvier 2021 avec l'arrivée de la Perle sur le DME, suivie du Saphir le 17 février. Elle se terminera en juin par la mise à l'eau successive du SNA Perle et du Q899 (ex-SNA Saphir) reconstitués.

Quelles ont été les principales avancées du chantier en avril ?

Guillaume Tourrette : L'étape la plus emblématique était probablement le déplacement des tranches de sous-marins entre le terre-plein de l’Impératrice et la zone Cachin. Ces six mouvements millimétrés, tant l’espace sur le chantier est compté, sont le fruit d’une longue préparation. Ils ont été réalisés sur six jours consécutifs grâce aux marcheurs et ont permis d’aligner l'avant du Saphir et l'arrière de la Perle en vue de la jonction de fermeture qui a suivi.

Celle-ci ne se limite pas à l’opération de soudage qui s'est déroulée pendant les dix derniers jours d'avril : c’est un travail d’équipe qui a exigé une préparation minutieuse et sollicité une grande diversité d'expertises, ce qui reflète sa complexité. Elle est très cadrée et s'étend sur deux mois : en mai, les opérations de contrôles, notamment la radiographie de la soudure, vont permettre de vérifier l'absence de défaut dans cette dernière et le respect de la géométrie de la coque, pour établir la conformité de l’opération.

Cette phase sera suivie par la fermeture de tous les passages de coque et les essais d'étanchéité, qui permettront la mise à l'eau et la sortie de la Perle.

Dans quel est l'état d'esprit vivez-vous ce chantier ?

Guillaume Tourrette : Je trouve très motivant d'avoir la possibilité de vivre en un an toutes les étapes d'études de faisabilité, de démonstration de la solution au client, de préparation et enfin de réalisation du projet.

J'ai la chance d’être entouré d’une excellente équipe et nous sommes fiers de participer à ce chantier exceptionnel. Il représente un vrai défi, et jusqu'ici tout se passe comme prévu, malgré un planning très serré et la nécessaire coactivité avec les activités d'IPER, qui se déroulent en parallèle sur le navire.

Les équipes de Toulon et de Cherbourg coopèrent en bonne intelligence et tous les aléas sont gérés de manière réactive pour tenir notre engagement sur le planning, ce qui est un enjeu crucial pour le programme Barracuda : le DME doit être libéré fin juin pour le préparer au transfert du Dugay-Trouin, deuxième SNA de la série, programmé à l'automne.


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