Rethic, un cabinet en quête de chefs de projet

Claude Bigeon
03/03/2020 | 1630 mots | ENERGIE RECRUTE | EMPLOI ET CARRIÈRE
Rethic, un cabinet en quête de chefs de projet © Elise Camplo

Rethic est un cabinet spécialisé notamment dans le recrutement dans le secteur des énergies renouvelables. Implantée dans les Yvelines, cette structure à taille humaine s’appuie sur des compétences de spécialistes dont Elise Camplo qui est responsable du recrutement et du pôle énergies renouvelables. Rencontre.

Elise Camplo, vous êtes responsable recrutement au sein du cabinet Rethic. Pourriez-vous vous présenter ?

Elise Camplo : J’ai démarré ma carrière à Aix-en-Provence dans l’intérim, à l’époque où le recrutement dans les énergies renouvelables était morose, car nous étions dans la période post moratoire, en 2012-13. A l’époque le gouvernement avait freiné les subventions dans le photovoltaïque.

En 2013, j’ai rejoint Rethic, un cabinet spécialisé dans les systèmes complexes, la mobilité et les énergies renouvelables, comme chargée de recrutement. En 2015, j’ai participé au développement du pôle environnement et énergies renouvelables, dont j’ai pris la responsabilité. Mon cœur de métier reste le recrutement puisque je suis responsable recrutement chez Rethic avec en plus une spécialisation dans les énergies renouvelables.

Expliquez-nous quelle est l’activité de Rethic ?

E. C. : C’est un cabinet de recrutement qui est avant tout orienté à 90% vers une activité de recrutement pour ses clients. Mais qui peut aussi proposer une assistance technique pour mettre en place des missions ponctuelles. Mais, actuellement, le secteur n’a pas encore besoin de cette souplesse.

Rethic a été créé en 2009 par Gilles Poubel. Aujourd’hui nous sommes six personnes réparties entre deux pôles, les activités de systèmes complexes et l’industrie puis l’environnement et les énergies renouvelables.

Nous avons développé une approche très directe et éthique par rapport aux candidats et nos clients. Nous jouons la carte de la proximité et nous avons une grande connaissance de leurs besoins.

Et plus particulièrement dans le domaine des énergies renouvelables et de l’environnement ?

E. C. : L’activité se développe par rapport au volume d’affaires et à la typologie de l’activité. Le solaire se développe pour les particuliers en flottant ou en classique. Pour l’éolien, la dominante reste le onshore, mais le off-shore se développe également.

Il y a une réelle diversification des techniques. Il y a aussi de nouveaux secteurs avec la méthanisation, la biomasse que l’on retrouve dans des centrales depuis deux, trois ans et chez nous depuis un an. L’offre se diversifie. Dans l’hydroélectricité, il a de très gros barrages et des petites centrales hydroélectriques. C’est une solution ancienne, mais par rapport aux objectifs de la politique gouvernementale, les acteurs des énergies renouvelables se lancent et s’intéressent à nouveau à l’hydraulique.

Dans l’univers des énergies renouvelables, les besoins en recrutement sont répartis de manière différente sur l’ensemble du territoire national puisque le photovoltaïque est situé au sud et l’éolien au nord. Mais, c’est une tendance et qui tend à s’atténuer.

En France, quand on parle d’énergies renouvelables, il s’agit du solaire, de l’éolien, de la biomasse, de l’hydraulique et de la géothermie.

Nous devons trouver des candidats qui soient en adéquation avec les besoins de nos clients, qui correspondent au contexte. Selon la société, la partie technique ou humaine prendra plus ou moins d’importance.

Quels sont les challenges de ce secteur économique ?

E. C. : Nous sommes dans une inversion du rapport de force employeur/candidat. Quand, j’ai débuté, il y avait beaucoup de gens qui avaient envie de travailler dans les énergies renouvelables et peu d’offres. Depuis un an environ, il y a une inversion de ce schéma. Il y a eu un point de rupture, il y a un voire deux ans, en raison de plusieurs mesures en faveur de l’éolien, de l’évolution technologique et de l’évolution des mœurs.

Aujourd’hui, toutes les sociétés spécialisées dans les énergies renouvelables recrutent en même temps pour des projets sensibles et recherchent des profils expérimentés.

Maintenant, nous sommes dans un ratio où les candidats expérimentés peuvent avoir à choisir entre 2 à 3 offres d’embauche.

Là où il y a le plus de demandes, c’est pour les chefs de projet éolien et solaire. Il faut gérer cette croissance dans un environnement économique où il a beaucoup de chamboulement au niveau des grosses structures, car c’est un secteur qui doit s’appuyer sur des bases financières solides.

Qui sont vos entreprises clientes et leurs demandes ?

E. C. : Principalement des grosses structures internationales, ou d’autres de 200 à 500 personnes adossées à un grand groupe ou à un fonds d’investissement. Et ponctuellement des structures plus petites.

Leurs demandes concernent les trois pôles des énergies renouvelables. Dans l’ordre d’importance, d’abord le développement, c’est 70 à 75% des demandes, puis l’exploitation environ 20% et beaucoup moins la construction.

Quels sont les profils les plus recherchés ?

E. C. : Les chefs de projet avec expérience dans l’opérationnel. Dans les bureaux d’études et la conception, des ingénieurs étude, des projeteurs et des dessinateurs projeteurs. Dans l’exploitation, des ingénieurs d’exploitation, des techniciens pour l’opérationnel et la maintenance. Dans le management intermédiaire, il a aussi besoin de chefs d’équipe. Des prospecteurs fonciers qui travaillent en binôme avec les chefs de projet. Les fonctions support sont aussi recherchées comme des chargés de communication, chargés de financement, contrôle de gestion, marketing…

Qui sont les bons profils ?

E. C. : Les demandes varient en fonction des sociétés, suivant leur taille et leur organisation. Ainsi, un chef de projet pourra avoir des attributions assez larges de la prospection jusqu’à l’obtention du permis de construire et la construction. Alors que dans d’autres structures, les tâches seront plus segmentées. Les besoins sont plutôt orientés vers des spécialistes dans l’éolien et le photovoltaïque. Dans un marché très tendu, on trouve des profils très polyvalents et des profils spécialisés, à égalité, 50%, 50%. Dans certaines sociétés, les chefs de projets vont très loin dans la technique alors que dans d’autres, ils s’appuient sur une équipe technique. Tout cela dépend du choix de chaque entreprise. Depuis un an, on constate que les stratégies sont mouvantes par rapport à la structure et à l’évolution.

Les postes sont basés principalement en France métropolitaine et en Outre-Mer, à la Réunion, en Guadeloupe et en Guyane et ponctuellement au Moyen Orient, en Afrique.

Quelles difficultés rencontrez-vous ?

E. C. : Notre plus gros challenge est lié à l’évolution du marché. A l’origine notre métier, c’est de qualifier les candidatures qui soient en adéquation avec la demande des clients par un travail de sélection. Maintenant, il faut réaliser un travail de recherche des personnes potentiellement à l’écoute du marché.

Notre métier est toujours exigeant par rapport aux critères de sélection, mais les candidats ne sont plus proactifs.

Les juniors ont plus de mal, car nous avons moins de demandes, mais s’ils possèdent deux à trois ans d’expérience, ils sont déjà sollicités.

Souhaitez-vous ajouter un ou plusieurs éléments que nous n’aurions pas évoqués ?

E. C. : Nous essayons de très bien connaître notre secteur, d’être des experts. Pour cela, nous sommes très souvent sur le terrain dans les entreprises, dans des salons, pour avoir la démarche la plus qualifiée possible,  avoir une démarche qualitative de connaissance du secteur, des réalités du marché. Tout cela pour palper l’ambiance du marché afin de remplir au mieux notre mission.

Propos recueillis par Claude Bigeon

Rethic recrute


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